Les habitants de la ville de Goma sont confrontés à un manque d’eau potable depuis que le volcan Nyiragongo s’est mis en éruption. Une résurgence de choléra au sein de la population est d’ailleurs craint par les autorités de la RDC.
La ville de Goma était le théâtre d’une éruption volcanique jamais vue depuis des années. Cette éruption a endommagé la citerne qui alimentait la ville en eau potable. Conséquence des faits : la ville de Goma et les régions du Nord Kivu sont confrontés à un manque criard d’eau potable. Les habitants sont donc obligés de parcourir de longues distances pour aller puiser de l’eau du lac Kivu. Ce qui présente également un risque de choléra pour ces derniers. Carine Kavira, 25 ans, a parcouru plusieurs kilomètres pour aller puiser de l’eau du lac Kivu. Avec un bidon de vingt litres sur le dos, elle revient dans son quartier Katoyi, fatiguée.
Elle confie au correspondant de Rfi dans la région que l’eau ne sort plus des robinets. « D’ici jusqu’au lac c’est à peu près 7 km, donc je suis épuisée, mais rien à faire, nous n’avons pas le choix car l’eau ne sort pas des robinets. Il pleut, mais les experts nous ont recommandé de ne pas boire ni utiliser l’eau de pluie, voire même celle du lac, car elle est pleine de poussières ou de particules du volcan qui constituent un poison pour nous. Mais comment faire autrement ? Les robinets sont secs. Certains habitants, qui sont encore plus éloignés que nous du lac, y descendent aussi pour puiser de l’eau », a-t-elle fait savoir.
L’eau potable une équation à résoudre pour les autorités congolaises
Après l’éruption volcanique qui a frappée la ville de Goma au Nord-Kivu, l’eau est devenue une denrée rare. Une grande partie de la citerne d’eau qui alimentait la ville est entourée par la lave du volcan. Une délégation gouvernementale s’est d’ailleurs rendue sur les lieux mardi 25 mai pour toucher du doigt les dégâts. Les équipes techniques sollicitées pour la cause estiment qu’il faudra dix millions de dollars américains pour réparer les dégâts causés. Pour l’heure, le calvaire de la population se poursuit, elle qui a du mal à s’approvisionner en eau potable.
« C’est le grand réservoir qui est parti. La paroi Ouest a été touchée par la lave, et le feu a détruit presque tout le béton. Malheureusement, le matériel qui était prévu pour renforcer le système de production d’eau a aussi été consumé. Globalement, les besoins ont été chiffré et évalué : les actions d’urgence à 663 900 dollars, et les actions de correction à 9 514 900 dollars, le tout c’est 10 millions », a affirmé David Angoyo, le directeur provincial de la REGIDESO Nord-Kivu. Toutefois, le ministre congolais de la santé Jean-Jacques Mbungani, qui a conduit la délégation gouvernementale, a promis que des solutions seront trouvées très vite pour soulager la population en terme de distribution d’eau potable. ‹‹ Nous allons contribuer à ce qu’il y ait un accès à l’eau potable, ce qui est important. On m’a signalé des cas de résurgence de maladies tels que le choléra. Nous devons absolument éviter cela ››, a prévenu l’autorité de tutelle.

