Lorsque le vendredi 4 mars 2016, de retour de son ultime périple de campagne pour la présidentielle, de Akonaboè, le candidat Talon a mis le cap sur la place de l’indépendance, du moins ce qu’il en reste à Porto-Novo, il a rejoint une foule en délire. Des femmes et des jeunes pour le grand nombre. En pleine liesse, ils scandaient ‘’AGBONNON, AGBONNON, AGBONNON…’’, le métronome en Fon. En réponse à cette extase populaire autour de sa personne, le candidat conscient de l’immensité de la tâche, qui l’attendait en cas de victoire, a simplement dit à l’endroit de ces citoyens béninois épris de changement, que le temps de dire de lui qu’il est le métronome, n’est pas encore arrivé. En bon pragmatique, il savait qu’il n’était plus de ceux qui recherchent à tous prix la lumière. Pour lui, ayant travaillé toute sa vie pour s’amasser de quoi assouvir ses caprices, seuls les résultats avaient de la valeur. Fort de cette considération, il a demandé aux uns et aux autres, de lui laisser le temps de remettre les choses à l’endroit. Il a souhaité avoir la bénédiction de ceux qui voyaient en lui, celui par qui la lumière pourrait transpercer la totale opacité qui enveloppait la vie socio-économique nationale. En bon patois Fongbé, il a donné rendez-vous, à ces Béninois qui l’attendaient de pieds fermes dans la nuit de ce 4 mars, sur cette place gorgée d’histoire pour la Nation, à la fin de son mandat, pour un décompte au bout duquel, s’il est concluant, il sera porté en triomphe en reconnaissance des bons et loyaux services qu’il aura rendus à la République. Quoi qu’on dise, aux yeux de cette foule en jubilation, il était celui qui porte l’espoir d’un paysage politique national assaini. Et au terme du processus électoral, le peuple électeur, en lui accordant son suffrage en avril de la même année, à plus de 60 pour cent, savait avec pertinence ce qu’il lui confiait comme mission.
Aujourd’hui, à environ neuf mois de la fin de ce mandat, la cohue autour de sa réélection irrite plus d’un. En un peu plus de quatre ans de gouvernance, il a montré au peuple, que de 250 très petits partis (TPP), on peut en n’avoir qu’une dizaine avec la réforme du système partisan résolument engagée. Sous son règne, asphaltage oblige, le bitume s’étend à perte de vue dans toutes les villes béninoises. L’assainissement du cadre de vie est en marche en dépit de la circonspection qu’imposent actuellement les inondations, de ces dernières semaines. Enfin, avec lui, la fraude n’est plus la norme dans les processus de recrutement d’agents de l’Etat. Mais plutôt une simple exception en perte de vitesse.
A l’inventaire de ces acquis qui ne sont pas exhaustifs, les populations béninoises qui n’ont jamais été dupes, savent à quoi s’en tenir. Elles savent mieux que quiconque, si le président sortant doit rempiler ou pas. Alors, halte aux appels de pieds tous azimuts. Cette foire d’invitation à rempiler semble de mauvais aloi. Le temps de ces pratiques peu honorables est totalement révolu. Que chacun essaie de maîtriser ses pulsions politiques. Autrement, ce sera le début du cycle de reniement des précieux acquis de la gouvernance du président de la République.
Edito: Halte !

