« La lutte pour le mieux-être de la femme togolaise n’est pas vaine. Elle est encourageante en dépit des attentes… »
Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, Vif D’Afrique jette une lumière sur le leadership discret mais très efficace d’une dame de cœur et de conviction. Il s’agit de Abira Bonfoh, députée à l’assemblée nationale du Togo. Dans cette entrevue qu’elle a accordée à votre journal, chers lecteurs, elle se dévoile et parle de ses combats pour l’émancipation des femmes et pour la cause des opprimés du sort en général.
VIF D’AFRIQUE : Honorable Abira BONFOH, le combat pour le mieux-être de la femme togolaise porte-t-il ses Fruits ?
Si oui, quels sont les principaux indicateurs qui le prouvent?
Honorable Abira BONFOH : Au-delà de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, je vous remercie de l’opportunité de votre tribune pour témoigner des actions de solidarité et d’engagement citoyen qui sont les miennes depuis plusieurs années.
Comment puis-je restée inactive face aux conditions de vie difficile et au risque de précarité sociale de nos populations et en particulier celles des femmes un peu plus soumises à ces menaces dans nos sociétés ?
L’évidence de nos observations de terrain est que l’existence de très nombreuses jeunes filles relève encore de l’exploit quotidien. Et cela en dépit des multiples manifestations des solidarités agissantes de par le monde. Pour donner un chiffre, la fondation Melinda et Bill Gates a investi l’an dernier 170 millions de dollars pour l’autonomisation économique des femmes.
Je veux saluer ici toutes les bonnes volontés au service de l’émancipation des femmes et rappeler l’impératif de la mobilisation de toutes les énergies et moyens afin de rétablir l’égalité homme-femme dans le monde.
Pour revenir à votre question, naturellement que oui, c’est un combat qui n’est pas vain. Ses fruits sont d’ailleurs encourageants, même si les attentes sont encore grandes.
Les indicateurs du mieux-être de la femme togolaise sont nombreux et variés. J’en voudrais seulement pour preuves, la représentation relativement élogieuse des femmes togolaises dans les grandes sphères de décision au niveau étatique.
Le taux de scolarisation de la jeune fille aujourd’hui voisin de celui des garçons constitue également une avancée notable.
VIF D’AFRIQUE: Comme à l’accoutumée, votre Fondation célèbrera à l’instar de toute la communauté internationale, la femme dans toute sa splendeur en dépit de ses difficultés quotidiennes. Où et comment vont se dérouler les manifestations de cette édition ?
Honorable Abira BONFOH: En prélude à la journée internationale des droits de la femme, une opération de don du sang est organisée par l’Office Togolais de Recette (OTR). La fondation Asaal, l’association Awa et le collectif CBEAU ont unanimement dit OUI à cette opération.
L’association AWA (African Women Actions) en partenariat avec la Fondation ASAAL et le Collectif CBEAU célèbre cette année la journée internationale des droits de la femme à Kabou, dans la préfecture de Bassar. Il s’agit de rassembler le maximum des femmes AWA ou non, à la place des fêtes de Kabou pour échanger sur les principales avancées sur les droits des femmes au Togo, et comment les consolider.
- Des médecins spécialisés sont invités pour sensibiliser les femmes sur le cancer du sein et du col de l’utérus.
Une campagne de dépistage du cancer de sein est prévue en collaboration avec les centres médicaux sociaux ( CMS). - cent (100) femmes sont identifiées pour bénéficier du sponsoring de la fondation Asaal , afin de commencer une activité génératrice de revenus et ainsi participer au développement de la localité.
- Bien sûr, s’agissant d’une journée spéciale et festive, au menu, chants et danses du terroir, des sketchs, et de la réjouissance populaire.
VIF D’AFRIQUE : Le Togo sort d’une élection présidentielle qui consacre la réélection du Président Faure GNASSINGBE. A contexte spécial, événement spécial. Quelles seront donc les particularités de l’édition de 2020 de la célébration de la femme du Togo par votre Fondation?
Honorable Abira BONFOH : Il me plait de rappeler qu’une élection présidentielle engendre souvent des tensions politiques.
C’est une compétition rude, des moments de joutes parfois intenses et virulentes. Ça été le cas de celle dont nous sortons ! Mais comme l’avait exprimé le président Barack Obama lors de son discours d’adieu le 10 janvier 2017, « La démocratie ne requiert pas l’uniformité… »
Cette journée du 08 Mars 2020, sera aussi l’occasion de ressouder les liens et penser à oublier nos différends, pour se tourner résolument vers l’avenir… celui du développement.
VIF D’AFRIQUE : Quelles vont être vos principales recommandations à leur endroit ?
Honorable Abira BONFOH : Aux femmes comme à l’ensemble de mes concitoyens, ayons à l’esprit que nous avons le Togo en partage et qu’il est de notre responsabilité de pacifier le débat politique pour travailler de concert au développement socio-économique.
A ces milliers de femmes qui sont attendues au rendez-vous du 08 mars à Kabou, je demanderai de ne jamais faiblir, mais de poursuivre le combat pour la conquête de nos droits, des droits de la femme ; de contribuer par leur travail et leur détermination, à la construction de notre cher pays et de nos milieux respectifs et enfin, de rester toujours solidaires et fidèles aux idéaux de paix, de sécurité et de développement.
VIF D’AFRIQUE : Les couches vulnérables ont toujours été au cœur de vos actions. On dit d’ailleurs de vous que vous êtes une dame au cœur bien grand. Pourquoi une telle passion pour la cause des mal lotis du sort ?
Honorable Abira BONFOH : De par mon éducation, qui a fini par forger ma conviction, je sais aujourd’hui que le partage est une valeur que je me dois de porter dans ma communauté, ma région, mon pays, mon continent et même, la faire vivre dans son essence universelle. Oui pour moi, la plus grande générosité, est celle de la générosité vis-à-vis de son prochain, vis-à-vis de cet autre à qui l’on peut toujours tendre la main pour donner mais surtout pour recevoir. Oui! Recevoir cet immense plaisir de se savoir utile. Il ne serait donc pas nécessaire pour moi, d’établir un bilan normé de la solidarité à laquelle, participent modestement la fondation Asaal et l’association AWA que j’ai l’immense plaisir d’animer.
Il faut avoir un cœur dur pour ne pas être sensible aux souffrances des autres, car nul ne choisit son sort et rien n’est immuable.
Aussi je ne pourrai vous dire si j’ai toujours été capable de donner beaucoup ou peu de moi-même, mais ce dont je suis persuadée c’est que tout ce que j’ai donné est né du plus profond de mon cœur.
VIF D’AFRIQUE : A titre personnel, quels sont vos prochains défis ?
Honorable Abira BONFOH : Sans cacher ma passion pour le social et l’humanitaire, mes prochains défis sont :
Contribuer au renforcement de la paix, de la cohésion et de la sécurité dans mon pays.
Concourir au développement harmonieux de ma nation.
VIF D’AFRIQUE : Pour beaucoup de jeunes filles à travers l’Afrique de l’Ouest, vous êtes un modèle de discrétion et de réussite sociale et professionnelle. Quel est votre message à l’endroit de cette jeunesse pour qui vous êtes une icône ?
Honorable Abira BONFOH : Si je suis très honorée d’être reconnue par le travail que nous réalisons avec nos équipes et nos partenaires, j’ai encore plus conscience de mon obligation à œuvrer pour le bien collectif et rechercher en permanence à rendre un peu plus heureux mes compatriotes. Je nous invite à croire en notre destin, à agir toujours pour l’intérêt général.
« La vie est un combat » dit-on. Mais avant, il faut être convaincu de ce qu’on fait. Mon message à cette jeunesse est tout simple : travailler, être persévérant et confiant. On y arrivera toujours, tôt ou tard.
Propos recueillis par Gérard SESEA GNONLONSA.

